⛓️ Une République plus forte lorsqu'elle regarde son histoire en face
- fede81

- 28 mai
- 2 min de lecture

178 ans après l'abolition de l'esclavage, l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité l'abrogation du Code noir, cet ensemble de textes qui organisait juridiquement l'esclavage dans les colonies françaises.
Un vote hautement symbolique qui rappelle qu'aucune République fidèle à ses valeurs ne peut laisser subsister dans son droit les traces d'un système fondé sur la négation de la dignité humaine.
La liberté, l'égalité et la dignité humaine ne se divisent jamais
Pendant plus de 150 ans, le Code noir a organisé l'esclavage dans les colonies françaises.
Des femmes, des hommes et des enfants y étaient réduits à l'état de biens, privés de liberté, de droits et parfois jusqu'à leur propre humanité.
L'esclavage a été aboli en 1848 grâce au combat des abolitionnistes et à la volonté politique portée par la IIe République. En 2001, la loi portée par Christiane Taubira a reconnu la traite négrière et l'esclavage comme crimes contre l'humanité.
Pourtant, le Code noir n'avait jamais été formellement abrogé.
Cette situation apparaissait comme une contradiction profonde.
Car une démocratie ne se construit pas seulement sur les droits qu'elle proclame aujourd'hui. Elle se construit aussi sur sa capacité à regarder son histoire avec lucidité et à reconnaître les injustices qu'elle a parfois elle-même organisées.
Le vote intervenu à l'Assemblée nationale dépasse donc largement la seule portée juridique du texte.
Il constitue un geste de mémoire, de vérité et de fidélité aux principes républicains.
Contrairement à ce que certains prétendent, reconnaître une faute historique n'est pas s'accuser éternellement. Ce n'est pas demander à quiconque de porter la responsabilité du passé.
C'est simplement refuser l'oubli.
C'est reconnaître la souffrance de celles et ceux qui ont subi l'esclavage et rappeler que la République ne peut être pleinement fidèle à ses valeurs qu'en assumant toute son histoire.
Pour les socialistes, cette démarche s'inscrit dans un combat plus large.
Celui de l'émancipation humaine.
Celui de l'égalité réelle entre tous les êtres humains.
Celui d'une République qui refuse toutes les formes de domination, de discrimination et de négation de la dignité humaine.
L'abrogation du Code noir ne change pas le passé.
Mais elle dit quelque chose de la société que nous voulons construire : une société capable de regarder son histoire avec lucidité pour mieux faire vivre aujourd'hui les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité.
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