💶 Finances publiques - Canicule : Derrière les coupes budgétaires, des choix politiques
- fede81

- 8 juil.
- 2 min de lecture

Pourquoi le Gouvernement réduit-il les moyens consacrés à l'adaptation au changement climatique alors que les canicules se multiplient ?
Pour le Parti socialiste, la réduction du Fonds vert n'est pas la conséquence inévitable de finances publiques dégradées. Elle résulte de choix budgétaires et fiscaux opérés depuis plusieurs années. Comprendre ces choix est indispensable pour comprendre pourquoi l'État affirme aujourd'hui ne plus avoir les moyens d'investir dans la transition écologique.
« Les débats budgétaires ne sont pas des débats techniques : ce sont des débats démocratiques. »
À chaque discussion sur les finances publiques, une même question revient : pourquoi l'État affirme-t-il manquer d'argent pour financer les politiques publiques dont la France a pourtant besoin ?
Pour répondre à cette question, il faut dépasser les idées reçues et regarder les évolutions de nos finances publiques.
L'un des principaux enseignements du travail de l'économiste Gabriel Zucman est que la dégradation des comptes publics ne s'explique pas uniquement par l'évolution des dépenses. Elle résulte également d'un affaiblissement durable des recettes fiscales.
Depuis 2017, plusieurs réformes ont profondément modifié la fiscalité française : suppression de l'ISF, instauration de la « flat tax » sur les revenus du capital, baisse de l'impôt sur les sociétés ou encore suppression de la taxe d'habitation, compensée par l'État.
Au total, ces choix représentent aujourd'hui près de 2 points de PIB de recettes publiques en moins, soit environ 60 milliards d'euros par an.
Dans le même temps, les besoins n'ont cessé d'augmenter.
Le vieillissement de la population accroît les dépenses de santé et de dépendance.
Les collectivités doivent investir pour adapter leurs territoires au changement climatique.
La transition écologique nécessite des investissements massifs.
Dans ce contexte, les arbitrages budgétaires conduisent à réduire les crédits consacrés à l'investissement public.
Le Fonds vert, créé pour accompagner les collectivités dans leur adaptation au changement climatique, voit ainsi sa dotation passer de 2,4 milliards d'euros à 800 millions d'euros, soit une division par trois. Plus récemment encore, 160 millions d'euros supplémentaires ont été gelés alors même que la France connaît des épisodes de chaleur de plus en plus précoces et intenses.
Ces chiffres rappellent une réalité essentielle.
-> Un budget n'est jamais neutre.
-> Il traduit des arbitrages.
-> Il révèle des priorités.
-> Il exprime une certaine conception de l'intérêt général.
L'enjeu n'est pas de savoir si la France doit investir davantage dans la transition écologique, les services publics ou la recherche.
La véritable question est de savoir comment nous choisissons de financer ces investissements.
Pour le Parti socialiste, un budget n'est jamais neutre.
Il révèle les priorités d'un gouvernement, la manière dont il répartit l'effort collectif et la société qu'il entend construire.
La justice fiscale n'est pas un slogan.
Elle est la condition d'un État capable d'investir, de protéger et de préparer l'avenir.
Cette tribune s'appuie notamment sur les analyses de l'économiste Gabriel Zucman, dont nous vous invitons à découvrir la publication.
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